Le conflit ivoirien : Les propositions de la Renaissance Africaine (RENAF) pour la paix en Côte d’Ivoire
Le conflit ivoirien : Les propositions de la Renaissance Africaine (RENAF) pour la paix en Côte d’Ivoire
Tous les ivoiriens doivent choisir la voie de la paix, et tourner le dos à la guerre.
Au moment où le bruit des armes est en train de prendre le relais des négociations, nous lançons un vibrant appel à tous les ivoiriens afin qu’ils puissent se ressaisir et garder espoir car il reste encore des possibilités pour résoudre cette crise de façon pacifique.
Celle-ci est née suite à la consultation électorale du mois de novembre 2010. Elle risque de plonger la Cote d’Ivoire dans un tourbillon de désastre : Personne ne sortira gagnant d’un conflit aussi sanglant. Et par-dessus tout, c’est le peuple ivoirien qui payera le prix fort.
Le litige qui est à l’origine de cette crise, pouvait être évité si des mesures appropriées avaient été prises pour éviter les tricheries ou les contestations lors du scrutin présidentiel.
Les Nations Unis ont supervisé ces élections : Est-ce pour autant se sont-elles assurées que les accords nécessitaient, peut-être, une modification de la constitution afin de garantir la neutralité du conseil constitutionnel?
Le Président Gbagbo est-il certain d’incarner la légitimité étant donné que plus de la moitié de la Côte d’Ivoire a voté pour le Président Ouattara ?
Gbagbo s’accroche au pouvoir parce qu’il a été désigné vainqueur par le conseil constitutionnel. Serait-il raisonnable de passer outre l’avis d’un des composants de la loi organique de la Côte d’Ivoire qui est le Conseil Constitutionnel pour imposer Ouattara? Ça serait anticonstitutionnel !
Même si le Président Ouattara arrive à s’imposer, pourra t’il fédérer la Côte d’Ivoire et ramener les partisans du Président Gbagbo dans les rangs ? Nous n’en sommes pas sûrs. Nous avons là un pays scindé en deux et des ethnies qui s’affrontent.
A tous nos collègues qui souhaitent se faire une idée sur la question, un passage de l’ancien testament peut nous éclairer ; Avec dans le rôle de l’enfant, la Côte d’Ivoire et sa population, et dans le rôle des deux dames, les deux camps qui s’opposent.
« Salomon, roi d'Israël vers 950 avant J.C.
L'histoire du jugement du Roi Salomon :
Deux femmes sont venues demander justice. Elles ont chacune un enfant du même âge, mais l'un est mort accidentellement étouffé pendant son sommeil. Chacune affirme que l'enfant vivant est le sien.
"Elles se disputaient ainsi devant le roi qui prononça :
" Apportez-moi une épée", ordonna le roi ; et on apporta l'épée devant le roi, qui dit : "Partagez l'enfant vivant en deux et donnez la moitié à l'une et la moitié à l'autre." Alors la femme dont le fils était vivant s'adressa au roi, car sa pitié s'était enflammée pour son fils, et elle dit : "S'il te plaît, Monseigneur ! Qu'on lui donne l'enfant vivant, qu'on ne le tue pas !" mais celle-là disait : "Il ne sera ni à moi ni à toi, partagez !" Alors le roi prit la parole et dit : "Donnez l'enfant vivant à la première, ne le tuez pas. C'est elle la mère." (Le Livre des Rois chapitre 3) »
Si nous pouvons nous permettre une interprétation, nous pouvons dire que celui qui mérite de diriger ce pays, c’est celui ou celle qui va épargner la misère, la souffrance et les tueries inutiles à ce peuple valeureux et travailleur.
Le monde commence une nouvelle ère. Il se dirige vers ce qu’on peut appeler le vrai développement, où l’humain serait au centre des préoccupations. Ce qui revient à dire que le développement technologique tel que nous le connaissons aujourd’hui, bâti autour du profil et des grands capitaux ne sera pas l’avenir de l’humanité. Cet avenir sera incarné par l’adjonction de ces avancées technologiques et scientifiques avec le développement humain. Ce développement, au service de l’homme passe par le respect de la dignité humaine et des droits de l’homme, sur tous les continents. Il passe aussi par la préservation de son milieu environnemental.
L’Afrique, peut encore rattraper son retard technologique, économique et scientifique. Par contre, la récurrence des guerres, des conflits religieux et ethniques risque fort d'aiguiller de façon irréversible tous les africains vers le chemin qui les mènera vers le sous-développement durable et perpétuel.
Ce sont tous ces aspects philosophiques qui nous poussent à avoir beaucoup de reculs sur le conflit ivoirien, au-delà de nos affinités légitimes, afin de proposer au Président Gbagbo et au Président Alassane Ouattara un plan de sortie de crise qui pourra permettre aux ivoiriens de tous bords, de se réconcilier sans perdre la face.
Lors de la Conférence de Cotonou sur les processus constitutionnels, organisée par l’Union Africaine, nous nous sommes rendus compte, à travers les propos des intervenants, que pour éviter de faire vaciller une démocratie naissante, il fallait qu’il y ait un équilibre entre les trois pouvoirs qui sont : le législatif (l’assemblée), l’exécutif (le président) et le juridique (le conseil constitutionnel).
Le mode de désignation des représentants du conseil constitutionnel étant l’un des points sensibles car contrairement aux deux autres pouvoirs, les membres de ce conseil ne sont pas désignés par un vote populaire.
Un autre point essentiel que nous avons soulevé lors de cette conférence, concerne le vote ethnique : Les populations en Afrique ont tendance à voter pour le candidat issu de la même région qu’elles, quelques soient le contenu des projets des autres candidats. Dans ce contexte, on ne peut pas parler de vraie démocratie. Inciter les populations à s’intéresser plus aux projets des candidats qu’à leur origine ethnique reste à notre avis la solution, si on veut que la démocratie fasse son chemin en Afrique.
Il y a bien eu vote ethnique lors de la dernière Présidentielle ivoirienne, sans aucun doute.
Il nous parait donc essentiel, pour ramener l’apaisement dans les deux camps, de proposer une solution de règlement de la crise juste et équitable, sans parti pris.
Nos propositions s’articulent en 5 points :
1. Déclarer élus, les deux candidats arrivés en tête de l’élection présidentielle. Chacun ferait un mandat et l’élection présidentielle suivante, aurait lieu à la fin du deuxième mandat. Les élections législatives auraient lieu, quant à elle, au début de chaque mandature afin de donner à chaque Président une majorité pour conduire sa politique. Dans le cas où l’un des Présidents élus, n’arrivaient pas au terme de son mandat pour une raison quelconque, c’est son parti qui désignerait son successeur. En attendant sa prise de fonction, le deuxième Président élu pourra présider la haute assemblée (Senat), et aurait les mêmes émoluments et les mêmes avantages que le président en fonction. Dès la prestation de serment du deuxième Président élu comme Président de la République devant le Conseil Constitutionnel, le Président qui était en fonction prendrait sa place au sénat. En cas de désistement de celui-ci, son parti désignerait une autre personne. Il n’y aura pas de limites de mandats pour les élections présidentielles.
2. Il faudra amender la constitution ivoirienne pour que la première proposition soit possible. Ça sera le sujet des négociations entre les deux camps. L’idéal serait d’avoir un consensus total de tous les partis politiques de la Côte d’Ivoire
3. Il faudra aussi modifier le mode de désignation des membres du Conseil Constitutionnel afin d’équilibrer les trois pouvoirs législatif, juridique et exécutif.
4. Il faudra inclure les résultats de la dernière présidentielle comme point de départ du nouveau mode de gouvernance.
5. Les deux parties doivent se mettre à table, non pas pour contester le résultat du vote passé, mais pour se mettre donc d’accord sur l’avenir. Le litige qui est à l’origine de la reprise des hostilités deviendrait ainsi obsolète.
Beaucoup de personnes contactées pour donner leurs avis sur nos propositions ont cherché à savoir, des deux candidats qui devait commencer le premier mandat : Je signale juste à ce propos que le Président qui fera le deuxième mandat aura l’avantage, non négligeable, d’organiser les prochaines présidentielles. Dans tous les cas, c’est le Conseil Constitutionnel qui désignera l’ordre.
Nous transmettons ces propositions aux deux camps, et nous demandons un cessez le feu immédiat afin de permettre la reprise du dialogue.
Notre impartialité ne souffre d’aucune faiblesse et la RENAF est prête à apporter sa pierre à l’édifice pour réunir à nouveau les Ivoiriens aujourd’hui divisés.
Nous irons, à Abidjan, pour rencontrer nos frères ivoiriens et pour participer à la réconciliation, si nos propositions sont acceptées par les deux camps.
Au nom de toutes les victimes innocentes de la Côte d'ivoire, nous vous enjoignons Messieurs les Présidents, de faire taire les armes et de faire la paix.
Evry le 31 Mars 2011
Noel Moukala
Président de la Renaissance Africaine (RENAF)
9 boulevards Pierre Mendes France
77600 Bussy Saint Georges
Tel : +33669026228